Les maladies transmises par les tiques.

Les tiques sont des parasites de la famille des acariens (celle des araignées). Ils se fixent sur la peau du chien, pompent son sang pendant 2 ou 3 jours, puis se laissent tomber au sol. On les trouve généralement autour des oreilles ou du cou mais elles peuvent aussi envahir l’ensemble du corps et également se fixer entre les doigts.

Où mon chien peut-il attraper des tiques ?

Les tiques se multiplient à des températures comprises entre 0°C et 20 °C. On les trouve ainsi plus fréquemment au printemps et à l’automne, quand il fait à la fois frais et humide. Au sud, la saisonnalité des infestations est moins marquée.Les tiques logent plutôt dans les hautes herbes, les buissons, les broussailles ou les haies qui bordent les jardins. Lorsque le chien se frotte aux branchages la tique se laisse tomber sur lui et s’accroche aux poils, avant de le mordre.

Il faut donc être particulièrement vigilant lors des promenades à la campagne pendant ces périodes.

Les tiques en France et en Europe, les espèces sont nombreuses !

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Les tiques sont partout présentes en Europe. Il en existe de très nombreuses espèces et plus de 12 d’entre elles peuvent être retrouvées sur les chiens et les chats. En France, 3 espèces de tiques sont largement dominantes : Dermacentor reticulatusIxodes ricinus et Rhipicephalus sanguineus. Il est très difficile de savoir à l’œil nu à quelle espèce appartient une tique. On parle parfois de tiques brunes et de tiques blanches, mais taille et couleur varient en fonction du stade de développement du parasite et du fait qu’il soit gorgé de sang ou pas. Seuls les spécialistes armés d’un microscope sont capables de reconnaître l’espèce d’une tique.

Les tiques sont présentes sur tout le territoire national mais avec des variations régionales. Comme les différentes tiques ne transmettent pas les mêmes maladies, la répartition territoriale des tiques a un impact sur les risques encourus par les animaux de compagnie. Les risques varient en fonction du lieu de résidence et de l’accès ou pas à des zones favorables aux tiques.

Le mode de vie des tiques

Les tiques se nourrissent exclusivement du sang des animaux sur lesquels elles se fixent, et ne feront que trois repas au cours de leur vie !

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  • Les femelles adultes pondent sur le sol. Leurs œufs éclosent, libérant des larves ressemblant à des tiques miniatures.
  • Les larves grimpent en haut des végétaux et attendent le passage d’un hôte sur lequel elles vont s’accrocher. Les larves se fixent sur la peau et prennent un seul repas de sang, puis se décrochant, retombent sur le sol où elles se transforment en nymphes.
  • Les nymphes montent à leur tour sur des végétaux afin de parasiter un nouvel hôte. Une fois gorgée de sang, elles chutent sur le sol et passent au stade adulte.
  • Enfin, les adultes (mâles et femelles) reproduisent le même schéma : embuscade en haut d’une tige, repas sanguin unique sur un nouvel hôte et retour au sol. C’est alors que les femelles, fécondées par les mâles, pondent leurs œufs.

La tique ne pique pas mais mord, déchiquette la peau à l’aide de ses pièces buccales; elle se fixe en s’aidant d’un rostre hérissé de spicules. Elle sécrète également une salive destructrice des chairs alentour. Après s’être nourrie des tissus ainsi détruits, elle se détache et tombe spontanément. A l’endroit de la morsure, persiste une petite plaie au centre d’un granulome (petite boule) réactionnel; l’ensemble cicatrise très lentement.

Le temps de repas d’une tique est variable, commençant les premiers jours par une phase lente puis une phase rapide au cours de laquelle la tique ingurgite le sang et recrache la salive contaminante.

Les nymphes transmettent autant de maladies que les adultes mais étant de la taille d’une tête d’épingle elles sont beaucoup plus difficiles à repérer dans les poils.

Les principales maladies transmises par les tiques aux chiens

  • L’ehrlichiose et les anaplasmoses, qui sont des maladies bactériennes.
  • La piroplasmose, appelée également babésiose due à un parasite du sang.
  • La borréliose, appelée en médecine humaine maladie de Lyme.
  • L’hépatozoonose, maladie parasitaire rare en France, contractée par ingestion d’une tique.
  • Certaines tiques sécrétant une toxine peuvent provoquer une paralysie transitoire chez le chien.

Ce sont les trois premières infections qui nous intéressent, celles dont peuvent être atteints nos protégés.

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L’EHRLICHIOSE

L’Ehrlichiose canine est une maladie infectieuse due à une Rickettsie. La bactérie la plus fréquente est Ehrlichia canis, mais d’autres espèces d’Ehrlichia peuvent infecter le chien. La bactérie est transmise au chien par une tique, la tique brune du chien (Rhipicephalus sanguineus), et l’incubation de la maladie est d’environ 10 à 20 jours.

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En France, on décrit l’ehrlichiose surtout autour de la Méditerranée, dans la vallée du Rhône et le Sud-Ouest, mais aussi dans la région Lyonnaise, le Massif Central et le Bassin Parisien. 

Les cas d’ehrlichiose sont plus fréquents au printemps et à l’automne (activité maximale des tiques).

Quels sont les signes de la maladie ?

  • La première phase de la maladie (phase aiguë) peut passer inaperçue. Elle survient quelques jours après la piqûre de tique contaminante. Le chien est abattu et a de la fièvre. On note parfois une augmentation de la taille des ganglions, des douleurs articulaires, des vomissements. Cette phase est souvent brève et disparaît généralement sans traitement.
  • Toutefois, si rien n’est fait, une phase de latence survient, durant laquelle le germe est toujours présent, sans que le chien ne présente de symptômes cliniques. Seules des anomalies sanguines sont alors repérables si une analyse est faite (baisse du nombre de plaquettes).
  • Mais certains chiens, et principalement certaines races développent, après quelques mois à quelques années, une forme chronique de la maladie.

La forme chronique est très grave et se manifeste par un amaigrissement, une baisse de l’appétit, des saignements (du nez notamment et/ou des taches rouges violacées sur la peau), des douleurs articulaires. Les chiens atteints de formes chroniques ont très peu de chances de survivre, même avec un traitement spécifique car ils ne peuvent plus fabriquer de cellules sanguines.

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Le diagnostic repose sur des éléments épidémiologiques (présence de tiques, situation géographique ou voyage en zone contaminée) et les symptômes. Il est parfois difficile d’avoir un diagnostic de certitude dans la forme aigüe car les signes cliniques sont peu spécifiques.Une analyse de sang (examens hématologiques – numération des globules rouge et blanc, des plaquettes –  et microscopiques, avec recherche du parasite sur des frottis sanguins, dosage et électrophorèse des protéines sanguines) et des tests sérologiques permettent de confirmer le diagnostic. Dans les formes chroniques, le diagnostic n’est pas forcément simple (la sérologie peut être négative en phase finale) A l’analyse sanguine, les chiens présentent une diminution de toutes les cellules du sang.Le traitement est efficace dans la phase aigüe et dans la phase de latence. Il consiste en l’administration de doxycycline anti-infectieux de choix,  administrée à la dose de 10 mg/kg/j en une seule prise pendant au moins 3 semaines voire un mois et même jusqu’à deux mois en phase chroniquemais à cette phase le traitement est souvent illusoire.LA PIROPLASMOSE ou BABESIOSELes parasites ou Babesia (piroplasmes) sont ingérées par les tiques au cours du repas de sang. Ils pénètrent rapidement dans la paroi digestive de la tique où ils se multiplient avant de gagner différents organes, et notamment les ovaires ou les glandes salivaires de la tique. Pour les Babesia « de grande taille » une transmission via les ovaires de la tique femelle infectée à sa descendance est possible. C’est pourquoi les larves puis les nymphes de tiques peuvent être une source de parasites pour les chiens, d’où la difficulté à les repérer pour les enlever avant qu’elles ne contaminent l’animal. Associé à la distribution de la tique Dermacentor reticulatus on la retrouve dans le nord de l’Espagne, le Portugal, la France, l’Europe centrale et orientale (jusqu’aux régions baltiques). La piroplasmose est présente sur pratiquement tout le territoire français mais avec parfois des foyers très localisés. Le Sud-Ouest, la périphérie du Massif Central et la région Rhône-Alpes sont les régions les plus touchées. Les foyers peuvent se déplacer d’une année à l’autre.

Telechargement 2   135139ixodidae220120828  Rhipicephalus sanguineus Carte piroplasmose france 1   Cycle babesiose pfQuels sont les signes de la maladie ?

48 heures après que la tique se soit fixée sur un chien, les piroplasmes commencent à passer des glandes salivaires de la tique au sang du chien.La période d’incubation de la piroplasmose varie entre 7 et 21 jours selon l’espèce parasitaire en cause.

Une fois inoculé, le parasite rentre dans les globules rouges  où il se multiplie et les fait littéralement exploser. Il s’ensuit une anémie, une chute des plaquettes sanguines  et, à cause de la libération de l’hémoglobine, de graves complications rénales et hépatiques, …

L’évolution la plus classique est aiguë, voire suraiguë. Assez brutalement, le chien présente un abattement prononcé, ne mange plus, est très fatigué et présente une forte fièvre. Très vite, une grave anémie s’installe. Les urines peuvent devenir marron foncé (couleur thé ou café) dans environ 50 % des cas.

Il existe aussi des formes très atypiques de piroplasmose dans lesquelles les symptômes peuvent être respiratoires, cardiaques, digestifs, neurologiques, musculaires, cutanés, hémorragiques, …

  =>  Chien fatigué, urine marron ou jaune safran, foncez chez le vétérinaire en urgence.

C’est toujours une maladie grave qui peut entraîner la mort ou laisser de graves séquelles rénales ou hépatiques. Le délai de mise en place du traitement est un facteur pronostic important.

Pour faire le diagnostic, il est nécessaire de faire des analyses sanguines et urinaires. La mise en évidence au microscope du parasite à l’intérieur de certains globules rouges permet un diagnostic de certitude. Dans certains cas, il peut être nécessaire de recourir à des examens plus compliqués (immunologiques, PCR).

Quel est le traitement ?

Il existe des traitements qui permettent d’éliminer le parasite. Ils donnent en général de très bons résultats et doivent être mise en œuvre le plus rapidement possible. Si des complications hépatiques ou rénales apparaissent, l’hospitalisation est de rigueur pour placer l’animal en soins intensifs, perfusions (voire transfusion sanguine) …

Dans la majorité des cas, une seule injection d’imidocarb dipropionate (IMIZOL°) dont l’action se poursuit plusieurs semaines, suffit à guérir la piroplasmose en moins de 24 heures – ce qui semble souvent tenir du miracle ! dont l’action se prolonge sur quelques semaines. 

Malheureusement, quelques cas sont plus compliqués, et lorsque l’on constate une atteinte sévère des reins et/ou du foie, une destruction des globules rouges continuant après élimination du parasite, des troubles neurologiques… un traitement beaucoup plus lourd doit être mis en œuvre, avec un résultat final nettement plus incertain. Des séquelles au niveau des reins et du foie ne sont pas exceptionnelles.

La maladie ne confère pas une immunité, un animal peut donc contracter plusieurs fois la maladie.

La Vaccination

Il existe deux vaccins contre la Piroplasmose.

Le Pirodog.

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Et le Nobivac Piro.

image: https://vetandthecity.files.wordpress.com/2011/05/nobivac.jpg?w=150&h=110

Le vaccin contre la Piroplasmose ne se fait pas en même temps que la vaccination « classique » de votre chien (Carré, Hépatite, Parvovirose, …), excepté le vaccin contre la maladie de Lyme.

Cette vaccination se fait en deux injections à 3-4 semaines d’intervalle, avec ensuite un rappel annuel ou semestriel selon la zone de risque épidémiologique et le choix du vaccin, et ne se pratique pas avant l’âge de 5-6 mois chez le chiot. Elle peut entraîner un état fébrile et/ou une réaction locale au site d’injection tout à fait passagère.

L’un se fait tous les 6 mois après 2 vaccinations à 1 mois d’intervalle (le plus efficace : Nobivac piro®), le deuxième tous les ans après 2 vaccinations à 1 mois d’intervalle (le mieux toléré : Pirodog®).

Le vaccin contre la Piroplasmose ne présente pas une efficacité de 100% et il est particulièrement onéreux (75€ en moyenne), la vaccination est donc discutée. Toutefois un chien vacciné, même s’il contracte malheureusement la Piroplasmose, développera la maladie de manière plus atténuée par rapport à un animal non vacciné.

Faire vacciner votre chien ne dispense pas des traitements anti-tiques préventifs classiques, nous en reparlerons !

LES ANAPLASMOSES

L’anaplasmose est une maladie infectieuse bactérienne (ce n’est pas un parasite), transmise essentiellement par les tiques Ixode Ricinus et parfois la tique brune du chien (région méditerranéenne). Aucune région française n’est donc épargnée.

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Ixodes ricinus female dorsal view 0  Ixodes ricinus sang  Cycle tique2Chez le chien, la maladie est de description assez récente et encore mal connue des praticiens. Elle présente des symptômes communs avec l’ehrlichiose. 

La plupart des chiens naturellement infectés ne semblent pas exprimer la maladie (infections inapparentes). Lorsqu’elle s’exprime, elle évolue sur un mode aigu et s’accompagne de signes cliniques peu spécifiques.

La bactérie envahit d’abord les globules blancs.

Les signes les plus fréquemment rencontrés sont une fièvre, un abattement, une perte d’appétit et des signes de douleur musculo-squelettique s’exprimant par des boiteries ou une appréhension aux déplacements. La présence d’une toux sèche et non productive est plus rarement rapportée, de même qu’une soif importante, des signes gastro-intestinaux (vomissement, diarrhée) ou une pâleur muqueuse. Une augmentation de la rate et des ganglions est également signalée, de même qu’une uvéite (atteinte de l’oeil), une chute des plaquettes et une anémie. 

La sérologie peut être envisagée, mais la PCR est la technique la plus sensible et la plus précoce pour le diagnostic de l’anaplasmose granulocytaire chez le chien. Elle est réalisée sur une prise de sang.

Le traitement de choix est la doxycycline utilisée à la dose de 5 mg/kg deux fois par jours pendant 15 jours, alors que 28 jours sont préconisés dans le cas de l’ehrlichiose.

LA MALADIE DE LYME CANINE ou BORELLIOSE

La maladie de Lyme est une maladie commune à l’homme et à de nombreux mammifères, dont le chien. Elle est due à Borrelia burgdorferi, une bactérie transmise par les tiques (Ixodes Ricinus essentiellement).  La maladie est présente dans toute la France mais le Nord et l’Est sont plus touchés, en particulier dans les zones forestières à forte densité de cervidés, et en périphérie. Elle est plus fréquente au printemps et à l’automne, période d’activité maximale des tiques.Tous les chiens infectés ne déclarent pas de symptômes.

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2b433dLymecn2 1     arthrite des 2 poignets 24 à 36 heures sont nécessaires pour que la tique assure son accrochage sur son hôte  avant de débuter le repas. C’est pourquoi le risque de transmission de la Borréliose de Lyme est jugé très faible avant 48 heures de fixation.

Les symptômes d’une borréliose chez le chien

La phase d’incubation est longue (2 à 5 mois).

Dans la forme aiguë, le signe principal est généralement une boiterie d’apparition brutale, douloureuse (voire très douloureuse), intermittente et due à une arthrite se développant sur une seule articulation (plus souvent le carpe ou le tarse). Il peut arriver que plusieurs articulations soient touchées successivement (on parle alors de polyarthrite). La boiterie est souvent associée à de la fièvre, unabattement, une atteinte ganglionnaire locale et parfois des vomissements.

Dans la forme chronique, la boiterie est moins sévère et d’autres symptômes peuvent être présents : atteinte des muscles, douleurs diffuses, troubles cardiaques, rénaux, nerveux, …

Le diagnostic de certitude est souvent très délicat à obtenir. Il repose sur le contexte (mode de vie du chien, présence de tiques, …), les signes cliniques et le résultat de divers examens complémentaires : ponction articulaire, recherche d’anticorps  par différentes techniques, PCR …

L’évolution sous traitement antibiotique est généralement bonne, les signes disparaissent et les complications se résolvent dans la plupart des cas.
Le médicament de choix est la Doxycycline ou, en cas d’intolérance, l’Amoxicilline est recommandé.

Le chien reste porteur de la bactérie pendant plusieurs mois, même après des traitements antibiotiques prolongés.

Un vaccin est disponible en France et peut être intéressant pour les sujets exposés à la maladie. La primo-vaccination peut se faire à partir de la 12ème semaine d’âge (2 injections à 3-5 semaines d’intervalle). Les rappels sont annuels et il est recommandé de les faire avant la période d’activité maximale des tiques (printemps et automne).

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Comment protéger son chien des morsures de tiques ?

La lutte contre les infestations par les tiques permet de prévenir la transmission de nombreuses maladies infectieuses. Elle repose principalement sur l’application très régulière d’antiparasitaires efficaces à votre chien.

Pour éviter la transmission des agents pathogènes et la survenue de maladies graves telles que la maladie de Lyme, l’ehrlichiose et la babésiose, le moyen le plus efficace est d’empêcher l’attachement des tiques et / ou de les tuer le plus vite possible.

Les tiques  dures de type Ixodes sont plus difficile à extraire que les autres. Pourquoi ?

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Tout est dans la longueur du rostre, sorte de perforateur creux qui pénètre dans la peau, se fixe en s’entourant d’une sorte de gel avant de commencer le repas de sang ! 

La meilleure prévention possible contre les tiques passe par :

– Un examen attentif de votre animal au retour des promenades.

Éliminez les tiques au retour des sorties en plein air, à l’aide d’un instrument adapté (des crochets à tiques très efficaces existent)

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Il est recommandé de bien appliquer le crochet au ras de la peau, sans toucher au “ventre gorgé de sang”, de soulever légèrement et de tourner dans le sens inverse des aiguilles d’une montre pour plus de facilité.  Attention à ne pas laisser le rostre implanté, qui pourrait contribuer à une inoculation massive des parasites ou bactéries responsables des maladies.

Ne surtout pas utiliser d’éther qui permet à la tique de se rétracter plus vite, mais en déversant une grande quantité de salive contaminante.

Pour éviter les morsures, un certain nombre de produits s’avèrent efficaces : 

L’application  régulière d’un antiparasitaire actif contre les tiques, est reccommandé au moins de mars à novembre 

Cet antiparasitaire doit :

¤ avoir une action rapide, qui tue les tiques en moins de 24 heures,

¤ provoquer le détachement des tiques déjà fixées (Le traitement provoque des mouvements volontaires des parasites pour retirer leurs pièces buccales de la peau de l’hôte) et empêcher l’attachement de nouvelles tiques (elles ne parviennent plus à piquer l’animal pour se gorger de sang)

¤ assurer une protection longue durée (plusieurs semaines),

¤ être résistant à l’eau.

(Attention, certains de ces traitements, parfaitement tolérés chez le chien, peuvent être toxiques chez le chat ! N’hésitez pas à demander conseil à votre vétérinaire)

Parmi les traitements répondant à ces exigences, plusieurs présentations sont en vente dans le commerce : 

– les colliers

En général les colliers anti-puces sont efficaces contre les tiques.

– Les colliers à l’amitraz ou à la deltaméthrine sont certainement les dispositifs les plus faciles d’emploi, dans la mesure où ils agissent pendant plusieurs mois. Ces colliers sont efficaces, et les colliers à la deltaméthrine repoussent en outre le phlébotome

Scalibor est un collier efficace contre les tiques, les moustiques et les phlébotomes (qui peuvent transmettre la leishmaniose). Le produit diffuse dans la couche superficielle de l’épiderme et a une durée d’action de 5 à 6 mois. Il est vivement recommandé dans les régions du sud où la leishmaniose est présente. Scalibor est résistant à l’eau.

– Divers produits en pipette (spot-on), contenant notamment une perméthrine (Advantix°), l’association fipronil-amitraz (Certifect°) avec un certain nombre d’effets secondaires et à ne pas administrer à un chien malade, Fipronil-Perméthrine  (Frontline Tri Ac°), à condition de bien respecter la dose. La perméthrine repousse également le phlébotome, mais attention, elle est formellement contre-indiquée chez le chat !

– Des comprimés, disponibles depuis le printemps 2014, tuent à la fois les puces et les tiques présentes sur le chien, avec un effet persistant un mois ou davantage (NEXGARD°).

– L’amitraz en lotion est un excellent produit, (très économique qui plus est), à condition de bien respecter la dilution, et d’en imbiber complètement le chien (bien passer à rebrousse-poils). Son principal inconvénient est son manque de commodité, surtout comparé aux produits précédents, colliers, spot-on ou comprimés : il faut l’appliquer au moins tous les dix jours, en portant des gants de protection, et son odeur est très forte. 

 Attention aux chiens potentiellement atteints par une mutation sur le gène MDR1, qui provoque une sensibilité médicamenteuse (en France : colley,berger australien, shetland, berger blanc suisse et whippet, sans oublier les chiens d’autres races à robe arlequin ou merle : beaucerons…). Ces chiens peuvent présenter des signes d’intoxication (grosse fatigue, hypothermie, bradycardie…) lors d’utilisation normale d’amitraz, et d’un certain nombre d’autres antiparasitaires (avermectines), utilisés à forte dose.

– La mise en place d’une protection par le vaccin lorsqu’elle est possible : votre vétérinaire pourra vous indiquer les vaccins canins existants contre certaines maladies transmises par les tiques (piroplasmose, maladie de Lyme).

Attention, aucun produit, aussi puissant soit-il, n’empêchera 100 % des tiques de monter sur un chien, voire de se planter pour quelques instants, surtout en période de fortes infestations, aussi la vigilance s’impose au quotidien.